"Comme c'est le cas avec tant d'autres techniques de broderie, les racines du blackwork se trouvent dans un passé tellement lointain, avec des ramifications complexes partout dans le monde, qu'il est impossible de situer avec précision ses origines en place et en temps. Cependant, dans le cas du blackwork nous pouvons dire avec quasi-certitude que les premiers motifs furent introduits en Europe occidentale par les Maures d'Afrique du Nord, lors de leur occupation de l'Espagne, à partir du VIIIème siècle.
Les motifs originaux du blackwork étaient des décorations linéaires et arabesques, exclusivement de nature abstraite et basés sur des schémas géométriques, sur la symétrie, la répétition et la proportion.
Ce sont les mêmes que l'on retrouve dans le monde arabe sur les montants de porte, dans les mosaïques et sur tant d'autres décorations architecturales. Certains de ces motifs sont tellement élémentaires que leurs premières traces se retrouvent sur des créations d'origine byzantine, romaine et hellénique, et même sur des objets encore plus anciens, voire primitifs.
Rapporté d'Espagne par Catherine d'Aragon (1485-1536), la première des six épouses de Henry VIII, le blackwork connut un grand essor à la cour anglaise du XVIe siècle, où il fut appliqué principalement sur les vêtements. Confectionner un chemisier et le décorer de broderie, à cette époque, fut estimé comme une occupation artistique et respectable, même pas indigne d'une reine.
La prédilection de Catherine d'Aragon pour la broderie avec de la soie noire sur lin blanc devint rapidement très populaire en Angleterre. C'est pour cette raison que, ce qui fut appelé, jusqu'à 1530 environ, la Broderie espagnole, entrera dans l'histoire ultérieure sous le nom de Blackwork (Broderie noire).
Textile et soie ne sont pas éternels et les couleurs se fanent. Ainsi peu de broderie ancienne a résisté à l'épreuve du temps. Par contre, les meilleures illustrations du blackwork anglais du XVIe siècle nous sont parvenues par les portraits de Hans Holbein, le peintre allemand à la cour de Henri VIII. La précision avec laquelle cet artiste a reproduit les motifs de blackwork sur les chemisiers, les manches et les cols est telle que les patrons ont pu être reconstitués rien qu'à partir de ses portraits. C'est pour cette raison d'ailleurs que le point avant double, le point élémentaire de toute broderie blackwork, est mieux connu sous le nom de point holbein.
Coiffe du 17e siècle
17de-eeuws hoofddeksel
17th century coif
A partir du 17e siècle le blackwork européen fut souvent effectué en deux, trois, voire plus de couleurs et complété d'une variété croissante d'autres points. Progressivement ceux-ci prennent le dessus et délogent le blackwork traditionnel de la scène. La broderie blackwork sombre complètement dans l'oubli. Ni le XVIIIe ni le XIXe siècle ne rapporteront quelque blackwork de valeur. Le Dictionary of Needlework*, une encyclopédie anglophone sur les ouvrages d'aiguille, paru en 1882, ne fait même plus mention de cette technique. C'est seulement à partir du XXe siècle que la broderie blackwork connait sa relance actuelle. Les créateurs modernes, fouillant dans le passé pour trouver des idées nouvelles, ont déniché cette ancienne technique et l'ont complétée d'effects et de formes contemporains. L'histoire se répète...
* Le Dictionary of Needlework, rédigé par S.F.A. Caulfield et B.C. Saward a été édité par A.W. Cowan en 1882.
Quand une astuce est donnée aux brodeuses présentes, et qu'elle est appréciée,
on la partage.
Au début de l'année, lorsqu'on reçoit de nouvelles adhérentes, il est toujours important de procéder à une initiation. Nous l'avons fait, Un carnet a été ouvert par chacune pour coller les échantillons et prendre des notes.
Fait.
Différencier les toiles à broder, les aiguilles, apprendre à lire un diagramme , savoir calculer la taille de la toile nécessaire, en fonction du modèle. .. C'est une plongée dans un monde ...
Fait.L''information sur les fils, les marques, les qualités, les coloris... Comment les ranger, comment économiser les petits bouts de fil,, en les identifiant.
A propos de fil, la petite astuce du jour:
Pour éviter ça
Lorsqu'on commence une échevette, ou lorsqu'une échevette est entamée,
il faut TOUJOURS tirer le fil du côté de la bague la plus longue, qui porte le numéro.
Le fil se déroule facilement et vous pouvez couper la longueur que vous voulez..
Un autre petit "secret"à partager. Le sens du fil,
une brodeuse professionnelle a partagé sa passion.
(un petit clin d’œil perso à ma sœurette)
"Pensez à lustrer votre fil , dans le bon sens,
plusieurs fois, sur la longueur voulue, entre le pouce et l'index."
Le fil a un sens, et ce geste répété permettra de lui donner plus de brillance.
Cela peut aussi éviter les nœuds...
Geste doux, agréable, répété, cette caresse permet d'apprécier le matériau,
Cet extrait d'un article de Jad Sampler, une source encyclopédique sur la broderie et la couture,
explique comment trouver le sens du fil... """Si le fil a vraiment un sens voilà comment savoir quelle extrémité du fil passer dans le chas de l'aiguille.
L’extrémité de fil qui sort de l’écheveau en premier est la vraie. Il y a quelques années cette affirmation était vraie car sur les métiers à filer le dernier sens de la torsion passait directement dans le bobineur.
Si le brin est déjà coupé, il existe une solution facile : Tenez les 2 morceaux dans une main, entre le pouce et l’index.
Tapotez doucement avec l’autre index les 2 extrémités coupées . L’extrémité qui s’épanouit le plus est la « vraie ». C'est elle que vous devrez enfiler dans le chas de l'aiguille.
Nos anciennes avaient une façon très jolie de parler de ces extrémités La sage pour l'extrémité du fil qui ne s'épanouissait pas. La coquine pour l'extrémité du fil qui " s'ouvrait ".
Brodez un carré sans tenir compte du sens du fil et un autre en respectant le sens du fil. Il sera facile de voir ce que cela donne..."""Co JAd Sampler