21 mars 2014

Au Fil de L'Histoire #3

Petit décalage de publication pour les exposés... 


La suite et la fin du vendredi 14 Février.. épisode 3. 


Le XIXème : le siècle du point de croix - La naissance des grilles

Le XIXème siècle est l'âge d'or du point de croix grâce au développement de l’industrie textile. La presse féminine se développe. Les premières grilles apparaissent pour la première fois à Berlin, en Allemagne. Pas moins de 14 000 diagrammes représentant des scènes champêtres, troupeaux, paysans sont publiés. 



" Cette invention facilita considérablement le report des couleurs sur le tissu. Au début, le dessin était peint à la main sur papier quadrillé, chaque carré représentant un point ; il suffisait, pour exécuter le travail, de compter carrés et points. Les clientes préférèrent d’abord les petits motifs qu’on travaillait en soie, puis, vers 1830, la mode passa à des sujets plus grands, réalisés en laine sur canevas : bouquets, oiseaux, temples grecs, autels, ou encore copies de toiles célèbres. Les premiers modèles furent édités sous forme de cahiers, mais on s’aperçut rapidement qu’ils se vendaient plus facilement en feuilles, séparés.
Le prix variait selon la taille des patrons, le nombre de points et couleurs ; on pouvait aussi les louer pour une somme modique. On en trouvait chez les éditeurs, les libraires et les marchands de tableaux ainsi que chez les détaillants, où l’on pouvait également se procurer le matériel nécessaire à la réalisation des ouvrages.
Toute l’Europe s’adonna bientôt à la broderie de laine et la fabrication des modèles connut un véritable essor, soutenue par une exportation de plus en plus importante vers l’Amérique du Nord. Berlin devint rapidement le symbole de cette production, et les notions de laine et de broderie de Berlin firent leur apparition. La création de diagrammes atteignit son apogée entre 1840 et 1850 (pour la seule année 1840, on dénombre quatorze mille dessins différents !), mais la demande diminua à partir de 1860. Les fabricants subirent la concurrence de plus en plus active des journaux de mode qui commençaient alors à publier des modèles pour leurs lectrices. Puis, d’autres pays commencèrent à produire eux-mêmes leur dessin, inspirés d’histoires et de motifs traditionnels de chaque région. La broderie de Berlin perdit ainsi son importance et aujourd’hui, chaque région dans le monde produit ses propres dessins, issus d’expérience personnelle et de symboles et couleurs spécifiques. "
Source : "Autour du Fil, l'encyclodépedie des arts textiles", Editions Fogtdal, Paris, 1988, volume 3.


Les fils sont devenus disponibles dans une large gamme de couleurs. Le coton et l’étamine font leur apparition. Les motifs sont devenus figuratifs, plus réalistes et plus petits.


 Les grandes fresques ont disparu au profit de petits tableaux rapidement réalisés évoquant scènes champêtres, bergères, troupeaux et paysans.


Pour la première fois, on produit les « canevas Pénélope », avec leur trame particulière, qui permet de broder à petit point et demi-point. 

On brode pour le plaisir. Comme George Sand, passionnée de point de croix, qui décora toute sa maison de ses œuvres brodées.
En 1886, Thérèse de Dillmont, aristocrate Viennoise, déjà membre de l’Académie de la Broderie de I’impératrice Marie-Thérèse, et fondatrice d’une école de broderie avec atelier et publications, s’associe à Jean Dollfus, grand industriel du textile, dont la maison, DMC, est arrivée intacte jusqu’ à nous.

 Elle publie une Encyclopédie des Ouvrages de Dames,  traduite en dix-sept langues, qui se vend à deux millions d’exemplaires, chiffre inimaginable pour I’époque.

 Tout le matériel nécessaire à la broderie et ses diagrammes entrent dans chaque maison d’Europe et des États-Unis où femmes et filles d’immigrants ont perpétué la passion du point de croix., grâce au développement des merceries.          


XXème et XXIème siècles

Au début du XXème siècle et jusqu’aux années 50, le point de croix n’est plus à la mode. Les femmes lui préfèrent la broderie blanche ou d’autres points plus libres. 

Il disparaît des trousseaux et des salons pour ne plus exister que dans les écoles pour encore quelques années. En 1968, disparaissent du cursus scolaire les travaux pratiques comme la cuisine, la couture et bien sûr la broderie.
Pourtant de 1970 à 1989, le magazine 100 Idées et l’esprit hippie de l’époque remet au goût du jour les travaux d’aiguilles.  

Puis, tout est de nouveau retombé dans l’oubli, jusqu’à ces dernières années.
Si ce magazine a disparu, d’autres ont vu le jour donnant un nouvel essor  au point de croix et aux travaux d’aiguilles en général. 
Mais, c’est surtout grâce à des créatrices très inspirées pour des brodeuses très passionnées que cet engouement a gagné tant de pays. Les motifs sont riches, variés, modernes mais ne s’éloignant jamais tout à fait des sources : anglaise, néerlandaise, quaker, copte. Tout peut être brodé avec finesse : des paysages, des fleurs mais aussi des pâtisseries, des bonbons, des oiseaux, des animaux. Des grilles, des livres sont régulièrement, pour ne pas dire quotidiennement, publiés.





Aujourd’hui, presque chaque village a son « association » ; ce qui prouve bien la vitalité et l’intérêt porté à cette activité. Grandes et petites villes organisent des salons, des expositions, attirant toujours beaucoup de monde.

Et enfin, Internet a, là aussi, fait tomber toutes les frontières. Nous ne sommes qu’à un clic des dernières nouveautés parues sur toute la planète.  Nous pouvons les découvrir, les acheter pour notre plus grand plaisir. 


Le cercle des Brodeuses s’est considérablement agrandi pour former une grande famille.



Cet exposé a pu être réalisé grâce aux éléments trouvés sur le Net. Notamment ceux de :

 Si vous copiez des éléments de cet article, merci de préciser, comme je le fais ici, les sources indiquées ci-dessus.    Lucie.
art couture,fil,laine



12 commentaires:

  1. Merci de cet article récapitulatif, de ces précisions!Et ..je suis fière d'être parmi celles qui permettent de prolonger l'oeuvre de nos prédécessseurs , tt simplement par passion.

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  2. Encore un exposé de Lucie plein de travail de recherche et très intéressant. Nous avons la chance d'apprendre plein de choses tout en brodant. Merci Lucie

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    1. C'est vrai que ce sont de vraies découvertes..

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  3. brunetjeannine6622 mars 2014 à 08:45

    Merci à Lucie pour toutes ces recherches,que de travail effectué ,très bel exposé, merci aussi à Fabienne
    de nous faire partager et conserver ces articles, cela nous donne encore plus l'envie de broder.
    Merci à toutes les deux.

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    1. C'est gentil. En direct , c'est bien aussi, Lucie vient avec une pile de livres et de documents...

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  4. Merci à toutes pour ces précieuses documentations.On est heureuse de participer à la survivance de cet art si raffiné.Couson

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  5. Il est superbe ton article! Merci pour ces recherches et ce partage!

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  6. Merci Pili. Lucie cherche et rédige sa synthèse. Je ne fais que l'illustration, pour mieux comprendre et éviter une lecture trop longue...C'est un régal...

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  7. Bonjour
    Merci beaucoup pour cette troisième et dernière partie.Je vous remercie infiniment pour le partage de ce très intéressant article sur l'histoire du fils .Cette dernière partie m'a permis de découvrir quand et comment on été créer les premiers diagrammes.
    Bonne continuation pour d'autres articles aussi passionnant.
    Bises.Bien amicalement.

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    1. C'est vraiment un gentil commentaire, et cela donne envie de continuer. Ce qui ne saurait tarder!!

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